mardi 1 octobre 2019

Mister Jones

On devrait tous écouter plus de Tom Jones !!!!

(même si, c'est certain, j'augmente ostensiblement la moyenne de mon arrondissement !).



Et Pourquoi Donc me demanderez-vous ?

 


Tom Jones c'est le chanteur lover-velu des années 60, qui a principalement fait des tubes entre 1964 et 1970 mais que tout le monde s'arrache pour faire cycliquement des coups d'éclats dans les hits parades.

Qui peut refuser un duo avec Mister Jones ?
(certainement pas son chef de produit ...)


Respect ! 


Porter des marcels à trous, des chemises à jabots, des vestes à paillettes ...  et composer avec Jack White n'est pas donné à tout le monde !

Tom Jones a une carrière qui s'étale sur 6 décennies !!!!
(Hey whouai !!!!! ça calme !)

A lui seul il est une encyclopédie des frasques vestimentaires de toutes les époques musicales !!!
(hors grunge il faut bien admettre qu'il n'a pas coché cette case)

La carrière du Monsieur est immense, il fallait bien tirer un fil conducteur ... Et c'est donc une petite visite de sa garde robe musicale que je vous propose ...



1966 SHOW TOM JONES
 Un petit look : décontractée de la rouflaquette,
la cravate sous la veste en daim, ...
la classe à l'américaine.

"It's not unusual"



Bien des années plus tard ce titre sera la BO de la cultissime danse de Carlton 




A peine le temps de faire son brushing que c'est la consécration : 
La bande originale de James BOND 

le vrai, l'unique : Sean Connery .... "and he strikes like Thunderball *" 
(*"C'est tout Sean", dixit Money Penny)


1965 
"Thunderball"



Sur la version Française du 45 tours, on notera ce petit air d'Alain Chabat !!!!



Toujours en 1965, même si la vidéo semble un peu plus 70, on appréciera le port de deux bons kilos d'or entre la croix (option XXL pour ne pas être noyée dans la moquette) et la boucle de ceinture (western maffieux). Good taste !



"What's new Pussy Cat"



Un petit air de Mister T ?



"Delilah"
Sortie en 1968 (vidéo datant de 1973) où on navigue entre invité à la table des mariés et "Garçon un café s'il vous plait"




Dans la série "les improbables reprises de Faith No More" et elles sont légion !
(oui je sais encore le patron !!!)



Et si tu es très curieux tu suis le lien, tu pourras écouter une démo et un live de Mister Bungle qui reprend "Thunderball"  ICI


Retour à Tom Jones, reprise de la chrono farandole des looks, 1969 :

Petit duo avec Janis Joplin, parce que Tom il ne rentre pas dans les cases ! Et force est de constater qu'il tient la dragée haute à n'importe quel partenaire de duos chantés :
Stevie Wonder, Little Richard,  Tina Turner, Jessie J, Jerry Lee Lewis, ...




Et comme on ne va pas refuser une petite choré et une chemise à jabots .. 


"Help Yourself"




1969
Tom Jones se déchaine sur le dance-floor, cette prestation vaudra à la chaine des courriers indignés de voir quelqu'un ainsi s'agacer du bassin !!!! 

"Treat her right"




1970

Merveilleuses années 70,  ... 
Les Carpentier nous offraient du Carlos un rien engoncé dans son costume de Bécassine, accompagné de semblants de Donald Duck se dandinant de la croupe...




Et pendant ce temps là aux states, ...  

Tom pulvérise toutes les probabilités du bon gout en costume acrylique marron glacé à franges bicolores.
Cette parure (classée au feu M4)  prend toute son ampleur lorsqu'il nous fait la démo de la danse "Funky Chicken" ...





Mais, Tom est fidèle et le lover revient à ses premières amours, les kilos d'or ...
qu'il agrémente en toute simplicité d'une petite veste façon 'spencer" à paillettes rouges ...


1971
 "She's a lady" 




(et le spencer vous l'avez en bleu ? )




Comme notre Line et votre Céline, Tom fera son show à Vegas... et fera même trembler le King en personne ...




1974,
L'afro qui va bien, le costard cow-boy sous LSD, ... que du bonheur !!!!

"Something baby I like"




Une nouvelle ère s'amorce, celle des collaborations avec la jeune garde musicale du moment,...


Il se frotte au disco, avec un petit air de Tony Manero non ?  :


"Love in this air" 





Ses albums se classent toujours dans les charts, mais jamais ses mélopées (en autre teintées de country) ne retrouveront les succès des années 60. seules ses collaborations lui redonneront accès aux classements des meilleures ventes.

Tom Jones, c'est une voix, un timbre, un coffre de break, et sans nul doute un très fort capital sympathie, qui lui permet à chaque époque de coller au son du moment avec la collaboration qui va bien.

Après le décès de son agent c'est le fils de Tom Jones qui reprend les reines, sa carrière s'ouvre vers de nouvelles aventures ...


1986, belle remontée dans les charts avec une reprise de Prince orchestrée par Art of Noise


"Kiss"



Toujours en 96, Tom Jones est tellement ancré dans l'imaginaire des nouvelles générations qu'il est souvent employé dans son propre rôle au cinéma comme dans Mars Attack.






1996, C'est aussi l'année du tube, "Sex bomb"
(56 printemps et même pas peur ! quoique ce petit air lifting et teinture capillaire à la Berlusconi ... )





1999, c'est au côté de The cardigans qu'il sort une reprise de Talking Heads "Burning down the House" on est d'accord que ça sent la machine à cash, mais c'est Tom ... 






On pardonnera cette reprise de "Black Betty" de 2002, qu'il s'agisse de la compétition trop de poils sur les joues ou de création musicale, les originaux l'emportent ! (n'est-il point ?)


Encore une fois, en 2018, Tom (79 printemps) retrouve la popularité auprès d'une nouvelle génération en étant Jury dans "The Voice UK".

Autant dire que quand il donne le ton ... il a le bon ! 







Et même s'il porte désormais le cheveux et la barbe blanche ... Tom sera toujours ...





dimanche 8 septembre 2019

Mon Beau Serge

Ma compile perso,
les oeuvres de Serge Gainsbourg
que je me repasse sans me lasser ...


Le Serge un peu oublié,
celui des premières années, qui pose sa voix sur des trompettes, de la clarinette et des sons clairs de batterie un brin jazzy.
Lui n'est jamais aussi léger que les envolées musicales qui poussent aux déhanchements langoureux qui accompagnent sa voix encore chantée.
...

Lui qui bouscule du verbe les Yé-yés avec des paroles telles des salves acides dans les hits parades glucosés, à vous faire tomber les lunettes de Léon Zitrone.

Exit les histoires d'écoliers qui terminent l'année d'Annie, le film triste et la duperie pleine de larmes de Sylvie, Serge osera les sucettes anisées dans la bouche et pour représenter (la) France ...

Pendant que le (futur) "National Jojo" entonne "Souvenirs souvenirs" en donnant des coups de bassin, Serge évoque les coups de reins ...



" Laisse-toi au gré du courant
Porter le lit du torrent
Et dans le mien
Si tu veux bien"


"L'eau à la bouche"







Le Serge meilleur ami des femmes, qui leur murmure des conseils pour mieux séduire d'autres hommes ... que lui !

"La recette de l'amour fou "







Le Serge qui ne saurait se laisser enfermer dans l'ennui d'une vie maritale tellement trop banale pour sa sensibilité ...

"Ce mortel ennui"





"L'alcool "
"Mes illusions donnent sur la cour, ... "
... noyer ses déboires amoureux, la fadeur de la vie de labeur dans des liquoreux.







En 1959, le claqueur de doigts, l'amour à la papa, ... 
et une balle de fond de court pour une belle qui s'est fait la malle.


"Mieux vaut ton absence que ton inconséquence"

"Indifférente"



 



Le Serge qui dit l'amour ...
déçu, désabusé, décevant, entêtant, envoûtant, lassant, brûlant, blessant, ...

Chanson destinée à représenter la France à l'Eurovision en 1975, censurée par la lucarne, oubliée et mal étiquetée ... une pépite qui renait vingt printemps après sa disparition.


"Le Boomerang"





Quand on est génial, on est revisité bien après, CQFD Coco Chanel.
Julien Doré  ne se limitera pas à l'influence, mais bel et bien à la copie ..  mais comment remplacer Jean-Pierre Cassel qui a lui seul dispense d'une dispendieuse production de scopitone ...


"Chez les Yé-Yés"








L'amour déçu, bagarreur d'une lutte sentimentale, précurseur des punchlines : (l')arme fatale, les mots qui mitraillent ...

"Anthracite"







Et comme tous les chemins mènent à Miky-Mike, on notera la copie presque conforme de cette pochette pour son projet avec Dan the Automator  "Lovage - music to make love to your old lady by"







mardi 20 août 2019

Dans ta face ...

Downface


Dans la série c'est pas de bol ...
ou comment un titre sublime est attribué à tort à d'autres musiciens.

Pas des moindres vous me direz quand on parle de Pearl Jam et Alice in Chains,
nonobstant ... rendons à Tim Anderson, Rob Hammond, Joe Violetto et Russ Gray, aka les membres de DOWNFACE  ce sublime morceau :


"Alone"


"It's been a long day, 
At the bottom of the hill, 
She died of a broken heart
She told me i was living in the past
Drinking from a broken glass

I'm alone, 
I never wanna be alone, 
Now, I now I turn to face the cold, 
I'm alone"







C'est en 1997 que le groupe américain originaire de Madison se forme.
Les musiciens se rencontrent et font souvent des reprises d'autres groupes, puis composent deux albums qui sortiront en 98 et 2000.  
La voix du chanteur induit en erreur, et à tort d'autres morceaux sont également faussement crédités à Tool.

Joe Violleto (le bassiste) profite du vingtième anniversaire de la sortie du premier LP de Downface pour écrire sur le forum Muse Songwriters comment une nouvelle notoriété du groupe s'est propagée sur YouTube sans qu'aucun membre originel n'en soit à l'origine. 

Il se félicite de voir que sous l'attribution a Pearl Jam (même s'il ne comprend pas comment ni pourquoi ... ) de la vidéo YouTube de "Alone" des fans du groupe viennent rétablir la vérité et créditer a Downface la paternité dudit morceau. 

More : ICI




Comme il le dit à la fin de son post, les deux albums de Downface sont disponibles sur Youtube.
Il ironise même sur ce hit en puissance non exploité en son temps ... 

"Alone" étant un de leur morceau les plus softs, les deux albums sont plus rock, grunge.
Gros son, voix agacée mais harmonieuse, guitares grasses mais pas crasses, mélodies puissantes qui donnent envie de headbanger et de se ruer dans la fosse. 


Premier Album, "Confidence",

Où l'on retrouve "Alone", et d'autres perles comme "Ocean"









Second album "Within"

La production est d'époque, on colle les grattes en avant, on joue des voix graves et hurlées, on souffre et ça transpire.  L'an 2000 les gars ... la fin du monde tout ça tout ça ... on est un peu crade du son, mais ça fleure bon. 

Petit crush pour "Purge" et "Reflexion" qui a quand même un belle montée en puissance, et "Comfort" qui envoie le bois ! 



.



ICI : La chaine Youtube de Joe Violetto

vendredi 9 août 2019

Choc des titans

Corpse Flower






La Corpse Flower est également appelée "Phallus de Titan", c'est une plante qui peut faire jusqu'à trois mètres et dont l'odeur pestilentielle est si puissante qu'elle se détecte à 800 mètres, ... par ailleurs ce végétal sait se faire rare, sa floraison ne dure que quelques heures ...
Son odeur serait un subtil mélange de poissons pourris et de cadavres en décomposition ...

La petite boutique des horreurs un peu ... non ?





Jean-Claude, Mike, 
Mike, Jean-Claude 
"Enchanté "



Le Patron-Patton s’acoquine avec un frenchy, et pas des moindres : Jean-Claude Vannier
Un autodidacte éclectique peu enclin désormais à céder aux sirènes de la facilité lorsqu'il s'agit de projets personnels.

Jean-Claude Vannier est un Nom dans le domaine de l'édition, un genre de Monsieur à qui on dit Oui, car il peut rapporter gros ...

Ses collaborations furent fructueuses, Gainsbourg (Melody Nelson), Michel Jonasz (Super Nana), Michel Polnareff (Tous les bateaux ...), ... et encore bien d'autres pour qui il signera, paroles, musiques, (en doublé parfois), et/ou les arrangements... Jane Birkin, France Gall, Catherine Lara, Henri Salvador, Barbara, Alain Bashung, Claude François ... bref, il est un incontournable de notre patrimoine national musical.

L'improbable duo se rencontre en 2011 lors d'un concert en hommage à Serge Gainsbourg, maquettes, et idées traverseront l'atlantique pendant 8 ans avant de donner naissance à Corpse Flower.

Prévue pour septembre 2019, la galette réserve des surprises car la liste des collaborations reste secrète mais promet d'être longue.


On va pas bouder son plaisir, le duo propose déjà deux extraits, dont un en français :


"Chanson D'amour"

Le clip s'inspire des cauchemars de Jean-Claude Vannier qui a un vieux compte à régler avec les chansons d'amour et ses propres histoires de coeur ...






"On the Top of the World"
Où on retrouve les ruptures brutales, les joutes d'octaves du Patron, les nappes de voix qui caressent et font dresser les poils...




Le visuel est signé de Kenro Izu 



Et de Trois, nouvel extrait, le ton est donné, la bande originale du film sans pellicule ni écran que le duo s'est écrit risque de défiler velu dans mes esgourdes ...


"Browning"



L'album sortira chez Ipecac, le label de Patton.

mercredi 7 août 2019

Trêve coeur

Idole de jeunesse,  Daniel Darc
joli garçon aux yeux perdus dans des limbes.
A la plume déjà fichtrement efficace 


"Je suis déjà parti" 
Taxi girl - 1984

"Les meilleurs choses ont une fin, 
les pires aussi tu comprends bien, 
dans ces conditions que je m'en aille, 
je suis déjà trop loin"





Les mots de Daniel Darc accompagnent souvent mes toiles, mes pensées, il est immanquablement présent dans la bande son de ma vie.

Quelle belle déclaration d'amour que lui font Marc Dufaud et Thierry Villeneuve que d'avoir ouvert leurs archives à nos yeux. 

La petite mallette où sont rangés une douzaine d'harmonicas, usés, customisés, des carnets de pensées, des mots griffonnés qui danseront peut-être ultérieurement sur scène à ses côtés.

On découvre un être intrinsèquement vivant, lui qu'on étiquetait de personnage mortifère. 

Il s'affiche tout au long de ce film intimiste comme un être viscéralement doux en quête d'émotions exacerbées, de transcendances dans un monde trop fade pour sa soif de vivre immensément.







Ses paroles ciselées, qui encensent l'amour, lui qui semble toujours en manquer ; toujours en quête d'être aimé, tout en affichant un je m'en foutisme de haut vol des bien pensants. 

Libre et prisonnier de cette soif de s’affranchir, à l'image des poètes sous opiacés, il lui faut planer pour être ce qu'il est intimement : un Punk intemporel, un rocker éternel.

En sortant de la projection nous avons parlé de lui, et puis diné, dans les rues de Paris (hey mec! c'est Paris ! ) la nuit enveloppante et chaude ne pouvait pas s'achever ainsi, il ne me quittait pas, alors j'ai cherché d'autres images animées ne pouvant me résoudre à le quitter ... 


"j'irai au Paradis"



Daniel Darc me semble avoir été incandescent, comme un astre qui illumine de son aura, de sa dangerosité aussi, dont il ne faut pas trop s'approcher pour ne pas se bruler dans ses enfers.

L'idole des années 80 porte un prénom suranné, un pseudonyme aussi noir que l'encre qui avait à mesure recouvert son corps (pour montrer tout ce qu'il veut cacher), ... 

Daniel l'ultime punk français. 

Je découvre dans ma journée sans pouvoir le quitter ce documentaire de 2004, réalisé par Jérôme Reijasse. 






Et un dernier tour de piste :




John Coltrane
" A love supreme"





mercredi 10 juillet 2019

Denise Denise *

De Denise naquît Discorama



Native de la ville d'Arras sa famille la destine à une vie rangée : reprise du commerce familial ou jolie petite case de travailleuse d'usine.

Mais Denise se rêve pianiste et aime l'art ...

Seconde guerre mondiale, fuyant la menace qui pesait sur tous les porteurs d'étoiles jaunes Denise entre en résistance, contre l'envahisseur et contre cette destinée.
Cachée dans un asile psychiatrique plusieurs mois elle rencontrera Paul Eluard, coupant le cordon ombilical lui refusant une vie de saltimbanque, elle commencera sa carrière par le journalisme, une entrée par une porte dérobée ouverte par un ses contacts glanés dans sa fuite pour sa survie.

La vie, le destin, tout ça tout ça ... follow your yellow brick road ...

Journaliste puis illustratrice sonore pour la radio, Denise Glaser fait ses classes dans un métier qui n'est pas encore considéré autrement qu'à "hauts risques", et surtout peu enclin à y laisser le front raw à une femme.

Nous sommes encore à l'âge des speakerines "Messieurs Dames bonsoir" ...

"Speakerine, speakerette, oh Darling vous êtes si chouette"

@orchestrerouge

C'est aussi la décennie de rencontres culturelles, Boris Vian, Georges Brassens, Jacques Brel ...

En 1957 l'unique chaîne de télévision accepte de confier à Denise Glaser un créneau pour l'émission qu'elle a imaginé "Discorama".

Frileuse télévision qui ne saurait dans ses prémices confier l'animation à une femme seule, c'est auprès de comédiens qu'elle co-animera ce qui allait devenir un programme culte.




De 1957 à 1975 l'animatrice cherchera avant tout à laisser la part belle à la création artistique, ouvrant son antenne à des talents en devenir mais devant concéder aux maisons de disques quelques invitations qui ne la passionnaient guère.
Renvoyant à "Age Tendre et tête de bois" la musique de batterie (comme les poules) et préférant inviter Duke Ellington, Bobby Lapointe, Magma ...

L'arrivée du playback fera du tort à l'émission, ...
A coûts moindres l'invité pouvait se dandiner et ouvrir la bouche de manière synchronisée, mais cette pratique de la marionnette finira par desservir toutes les émissions musicales.

Les silences qui ponctuaient les entretiens en face à face de Discorama faisaient toute la richesse des interviews, mais ces moments de pause intimes furent considérés comme des temps d'antenne perdus par les annonceurs, ...





Les prises de positions politiques de Denise Glaser lui valurent quelques déboires, ...  sauvée par l'un et limogée par le suivant.

Denise Glaser connaîtra plus tard la loi de l'omerta quand elle cherchera à rentrer en contact avec le milieu de la télévision qui l'aura définitivement bannie de ses rangs.





Sa fin de vie sera solitaire et assez misérable, quelques réminiscences de son aura d'antan ne suffiront pas à sauver Denise Glaser qui atteinte d'un cancer des poumons succombera seule chez elle d'un infarctus.

Ironie du sort ce sont ses voisins qui n'entendant plus de musique donneront l'alerte ...

*Denis / Blondie

dimanche 7 juillet 2019

Ma madeleine à moi est au fond de la cour,
elle est rose,
et elle est défoncée.


@YvesKlein

Quand nous partions en vacances mon papa avait ses rituels, manger son premier sandwich Porte de Clignancourt (nous vivions au square Clignancourt, les vacances commencent à l'entrée du périph - CQFD), et mettre dans le poste à cassettes ses compils.

La "SPVC" est la dernière dont je me souvienne, "SPVC", pour "Spéciale Vieux Con", mon Pater ne manquait ni d'humour ni d'auto dérision, d'autant que toutes mes copines voulaient "un papa rock'n'roll comme le tien".
Blouson flight jacket, Jean Levis 501, bottes en autruche, et cigare Montecristo pour se déguiser en producteur quand nous allions voir le cousin-zin-zin en live au Gibus.

En avant goût des joies estivales, il préparait des compilations avec les morceaux qui nous feraient patienter les quelques huit heures de route.
On y trouvait les Rolling Stones, The Mamas & the Papas, Janis Joplin, Trust, ... et la Chrysler Rose ... je crois que ce morceau figurait indubitablement dans tous ses best off.

"Chrysler Rose" est un titre extrait de l'album "Obsolète" de Dashiell Hedayat & Gong.

Sous le pseudonyme de Dashiell Hedayat se cache un personnage viscéralement complexe et très prolifique. Daniel Théron de son vrai nom est avant tout écrivain, il sera l'auteur de nombreux livres sous divers pseudonymes.

L'identité, les cases, le formatage, il refusait tout en bloc, semblait apprécier les expériences et surtout se libérer de tous carcans.

Il est d'ailleurs plus connu sous le nom de Jack-Alain Léger. Un doux euphémisme car il était sans doute loin d'être léger, ou peut-être absorbait-il des substances lui permettant de l'être.

En tant qu'écrivain il livrera une traduction de Bob Dylan, de nombreux romans dont certains feront l'objet adaptations cinématographiques, parodiant les styles, flirtant avec les controverses ...

Houellebecq bien avant Michel, il défraiera la chronique en le précédant sur les mêmes polémiques.
Egalement chroniqueur pour Rock'n'folk, multipliant les identités, il semblerait qu'aucune n'ai pu le rendre heureux, il se défenestrera d'une tour du 13ème arrondissement de Paris en 2013.

Le voici en  Dashiell Hedayat (non ce n'est Jacques Mesrine) reçu par Denise Glaser dans Discorama.
La Chrysler se fait mystère pour cette version :



La version Madeleine